Les noix de lavage presente des avantages ecologiques indiscutables mais leur commercialisation massive n'est peut-etre pas un modele de consommation responsable. Leur succes semble attirer un nombre croissant de distributeurs pas necessairement soucieux du bien-etre des producteurs locaux. « La revolution ecologique dans les lave-linges », « La seule lessive a etre cueillie des arbres », « la noix de lavage, la multi-talentueuse » : l’enthousiasme pour la noix de lavage en Allemagne est indeniable. Et le succes se fait toujours croissant. « Cela fait un an que je propose ce produit, uniquement par Internet et sans publicite, et cela marche tres bien» se rejouit Burkhard Sollfrank de Fair Natur, en declinant toutefois de mentionner son chiffre d’affaire. Meme son de cloche chez Waschbar, la plus grande centrale de vente par correspondance d’articles ecologiques en Allemagne. « Parmi les produits de lavage que nous proposons, les noix de lavage ou leurs produits derives sont ceux qui connaissent le plus grand succes, » rapporte Stefanie Munch, qui elle aussi decline toute mention de donnees financieres. Waschbar a propose des noix de lavage pour la premiere fois en juillet 2004, « et le succes fut immediat ».

De fait, la noix de lavage offre une reelle alternative ecologique aux lessives chimiques traditionnelles. En usage en Inde depuis toujours, la noix se recolte sur des « arbres a savon » (Sapindus trifoliatus). Elle est ensuite sechee, concassee – et prete a l’usage. C’est l’ecorce de la noix qui offre la precieuse matiere : la saponine. Il suffit de mettre cinq ou six noix concassees dans un petit sac (et non dans une dosette en plastique) que l’on place ensuite directement dans le tambour. Elles peuvent etre utilisees a n’importe quelle temperature, pour n’importe quelle couleur. Une fois lavee, le reste des noix peut etre utilise comme pesticide naturel. Les noix peuvent egalement etre bouillie a l’eau, elles delivrent par la la saponine, utilisable dans ce cas comme savon ou liquide vaisselle. Simple d’utilisation, ecologique et economique - un kilo de noix (le prix avoisine les 20 euros en Allemagne) suffirait, selon les distributeurs, a satisfaire les besoins annuels d’une famille de quatre personnes - il n’en fallait pas plus pour assurer le succes commercial de la precieuse noix.

Quel impact local ?
Aux dires de Burkhard Sollfrank, le circuit de distribution de la noix de lavage aurait quitte son marche de niche en Allemagne. Mais combien de tonnes precisement arrivent en Europe, combien sont destinees pour l’Allemagne, combien pour les autres pays europeens ? Des donnees precises manquent encore. Certains fournisseurs indiens de noix de lavage, comme Archana Exports ou Sindhiya Enterprise Bangladesh, exportent chacun entre 200 et 250 tonnes par an de noix, a destination principalement de l’Europe.

Initialement, les arbres a savon poussent a l’etat sauvage, posant ainsi la problematique de la surexploitation d’une matiere premiere. Or, « la demande est devenue tellement gigantesque que je ne peux pas m’imaginer qu’il n’y ait pas de plantations maintenant,» precise Stefanie Munch. De fait, le produit n’est pas – encore – labellise bio et issu du commerce equitable. Au Fairtrade Labelling Organization (FLO), l’organisme international en charge de labelliser les produits issus du commerce equitable, il n’est pas encore question de s’occuper des noix de lavage. Cela dit, l’organisation y prete une attention particuliere, notant un interet croissant de la part des consommateurs et de la presse. Car « un produit ecologique ne signifie pas necessairement qu’il est issu du commerce equitable», souligne-t-on a la centrale de Bonn.

Le consom’acteur allemand doit donc voir par lui-meme quel distributeur respecte les regles du commerce equitable. Chez Fair Natur, on utilise l’adjectif « Fair » sans toutefois pouvoir donner de precisions quant a la provenance precise des noix de lavage et des conditions de travail dans lesquelles elles ont ete cueillies. Chez Waschbar, on s’appuie sur les grands fournisseurs avec lesquels l’entreprise a des liens commerciaux deja prouves. « A la saison prochaine, nous allons introduire une clause excluant le travail des enfants dans nos produits – dont les noix de lavage », precise Stefanie Munch. Quant aux consommateurs qui se posent la question de savoir s’il faut vraiment polluer l’air et la mer pour pouvoir laver son linge plus blanc, la centrale propose du savon traditionnel - en provenance de Marseille.

Novethic, 30/10/06 - Claire Stam (Allemagne)

Encore une fois il faut se méfier des sirennes de l'équitable qui posent le problème de la surconsommation d'un produit, de sa production qui peut être néfaste pour l'environnment local, de son transport, ...

Ce n'est pas parceque le produit est "propre" et "équitable" qu'il faut forcément se jeter dessus sans regarder autour de soi si un produit équivalent n'existe pas avec des qualités proches... (ex : le savon de marseille, la cendre, ...).
Que se passerait il si le monde entier achetait ses noix à l'Inde ?
Comment faisions nous avons avant les lessives chimiques ?
Ne pouvons nous pas trouver un compromis entre tout ca ?

Plus d'info sur l'étude faite sur nos lessives :
L'Institut national de la consommation (INC) a réalisé, en partenariat avec les agences de l'eau, une étude sur les lessives, qui révèle que toutes les gammes sont écotoxiques, y compris celles des marques « vertes ».