Pour reduire ses emissions de gaz a effet de serre, l’Australie veut remplacer les ampoules incandescentes par des ampoules compactes fluorescentes d’ici 2009 ou 2010. L’idee du ministre australien de l’environnement est de realiser de tres substantielles economies d’energie qui reduiront les emissions de GES de 4 millions de tonnes d’ici 2012.

Les ampoules compactes fluorescentes consomment en effet beaucoup moins d’energie que les ampoules incandescentes. Chez ces ampoules classiques un filament de tungstene est place dans un bulbe de verre rempli d’un gaz inerte. Le courant electrique porte le filament a tres haute temperature pour qu’il produise de la lumiere. Mais le rendement est faible : plus de 90% de l’energie sert a produire de la chaleur plutot que de la lumiere. Dans les ampoules fluo-compactes c’est un gaz qui est chauffe par le courant et qui eclaire grace au rayonnement ultra-violet qu’il emet. Une ampoule fluo-compacte de 15 W produit autant de lumiere qu’une ampoule incandescente de 75 W.

Le gouvernement australien prevoit donc de remplacer progressivement les ampoules sur le marche en prevoyant des exceptions pour certains dispositifs medicaux et les ampoules des fours. Selon une etude publiee recemment par une revue d’ingenieurs australiens (The Environmental Engineer), le bilan carbone des ampoules fluorescentes est positif. En effet, bien que leur production necessite plus d’energie, et donc rejette davantage de GES que les ampoules incandescentes, les ampoules fluo durent au moins 4 a 10 fois plus longtemps. Et consomment moins d’energie au cours de leur vie. Seule ombre au tableau : leur recyclage. Ces ampoules contiennent chacune plusieurs milligrammes de mercure et leur recyclage est couteux. En Europe ce cout est integre dans le prix de vente.
Tout en saluant cette mesure, les ecologistes australiens rappellent donc qu’en parallele il est indispensable de mettre en place une filiere de recyclage. Les associations vertes souhaiteraient aussi que l’Australie ratifie le protocole de Kyoto.

Le gouvernement du premier ministre John Howard n’a pas ratifie le protocole, refusant un systeme contraignant de reduction des GES. Cependant il a inflechi son discours il y a quelques mois et a lance en decembre un nouveau plan energetique visant a reduire les emissions de l’Australie. ce plan prevoit entre autres la construction de la plus grande centrale electrique solaire photovoltaique d’ici 2008.

Le Nouvel Observateur, 20/02/07 C.D., Sciences et Avenir.com